Le disjoncteur différentiel de type A protège les personnes contre les fuites de courant, y compris les composantes continues que génèrent certains appareils électroniques. Le brancher correctement dans un tableau électrique suppose de respecter quelques règles de câblage précises, qui ont évolué avec la refonte de la NF C 15-100 publiée par l’AFNOR le 23 août 2024.
Composante continue pulsée : ce que détecte un différentiel type A
Un interrupteur différentiel de type AC repère les fuites de courant alternatif sinusoïdal. Le type A fait la même chose, mais il détecte aussi les courants de défaut à composante continue pulsée. Ce type de fuite apparaît en aval de circuits alimentant des charges électroniques : variateurs, alimentations à découpage, moteurs à commutation électronique.
Sur un schéma de branchement, le type A se raccorde exactement comme un type AC. La différence est interne, dans le tore de détection. Rien ne change au niveau du câblage physique, mais le choix du bon type conditionne la sécurité réelle du circuit protégé.
Schéma de raccordement type A dans un tableau résidentiel
Le câblage suit une logique simple : l’alimentation arrive par le haut du module (phase et neutre depuis le peigne ou les bornes d’arrivée), et les circuits protégés partent par le bas. La borne neutre est toujours repérée par la lettre N.
Étapes de raccordement à recopier
- Couper l’alimentation générale au disjoncteur de branchement avant toute intervention sur le tableau électrique.
- Fixer le module différentiel type A en tête de rangée, sur le rail DIN, puis raccorder la phase et le neutre d’alimentation sur les bornes supérieures.
- Raccorder en aval (bornes inférieures) les disjoncteurs divisionnaires via un peigne horizontal, en vérifiant que phase et neutre passent bien à travers le même dispositif différentiel.
- Serrer chaque borne au couple recommandé par le fabricant, puis vérifier l’absence de brin qui dépasse.
Le test est la dernière étape : après remise sous tension, appuyer sur le bouton test du module. Si le différentiel déclenche, le câblage est fonctionnel. S’il ne déclenche pas, le raccordement est défectueux.
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Erreur fréquente : le neutre croisé entre rangées
Le piège le plus courant consiste à faire transiter le neutre d’un circuit sous un différentiel qui n’est pas le sien. Sur le schéma, chaque ligne de disjoncteurs divisionnaires doit être alimentée par un seul interrupteur ou disjoncteur différentiel. Mélanger les neutres provoque des déclenchements intempestifs impossibles à diagnostiquer sans reprendre le câblage entièrement.
Circuits qui exigent un différentiel type A selon la NF C 15-100
La norme impose au moins un dispositif différentiel 30 mA de type A dans chaque logement. Certains circuits doivent obligatoirement passer sous ce type A, et non sous un simple type AC.
- Le circuit de la plaque de cuisson ou cuisinière, parce que les plaques à induction génèrent des courants de défaut à composante continue pulsée.
- Le circuit du lave-linge, dont le moteur à variation de vitesse produit le même type de fuite.
- Le circuit dédié à une borne de recharge pour véhicule électrique (IRVE), pour lequel la série NF C 15-100-7-722 publiée en août 2024 impose un type A au minimum.
En pratique, la tendance observée depuis 2023-2024 chez les électriciens est d’installer une majorité de différentiels type A dans les logements neufs, en réservant le type AC aux circuits vraiment simples comme l’éclairage ou les radiateurs résistifs. Cette approche anticipe la montée en puissance des appareils électroniques dans l’habitat.
Règle des huit circuits par différentiel et répartition du tableau
La NF C 15-100 fixe un maximum de huit circuits par dispositif différentiel 30 mA. Cette limite s’applique aussi bien au type A qu’au type AC. Elle conditionne directement le nombre de rangées et de modules à prévoir dans le tableau.
Pour un logement standard, le schéma de répartition type ressemble à ceci : une première rangée sous un différentiel type A regroupe la plaque de cuisson, le lave-linge, le sèche-linge et la borne IRVE si elle existe. Une deuxième rangée, sous un type A ou AC, regroupe les prises de courant et l’éclairage. La norme impose au moins deux dispositifs différentiels 30 mA par logement, mais trois ou quatre rangées sont courantes dès qu’on dépasse une surface moyenne.
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Sur le schéma, chaque rangée est autonome. Le peigne horizontal distribue phase et neutre aux disjoncteurs divisionnaires de la rangée, et rien ne relie électriquement les rangées entre elles en aval. Cette séparation garantit qu’un défaut sur un circuit ne prive pas tout le logement de courant.
Disjoncteur différentiel ou interrupteur différentiel : impact sur le schéma
Les deux se câblent de la même façon sur un rail DIN, avec la même logique phase/neutre en haut et circuits en bas. La différence fonctionnelle est que le disjoncteur différentiel protège aussi contre les surintensités (surcharge et court-circuit), tandis que l’interrupteur différentiel ne protège que contre les fuites de courant.
En résidentiel, la configuration la plus répandue place un interrupteur différentiel type A en tête de rangée, suivi de disjoncteurs divisionnaires classiques qui assurent la protection contre les surintensités. Le disjoncteur différentiel (qui combine les deux fonctions en un seul module) se rencontre surtout sur des circuits isolés nécessitant une protection individuelle, comme un circuit dédié à un congélateur ou à une alarme.
Sur le plan du câblage, le schéma reste identique. La seule différence visible est l’encombrement du module sur le rail : un disjoncteur différentiel prend souvent plus de place qu’un interrupteur différentiel de même calibre.
Avant de recopier un schéma trouvé en ligne, vérifier le calibre du différentiel (souvent 40 A ou 63 A en tête de rangée résidentielle) et s’assurer que le nombre de circuits en aval ne dépasse pas la limite de huit. Un tableau bien câblé se lit du haut vers le bas, rangée par rangée, sans croisement de neutre entre les lignes.